Le permis de représenter le peuple. LA garantie d'une démocratie?

Quand je vois des militants du casier judiciaire vierge, je comprends qu’un bon nombre de métiers de notre république nécessite des garanties pour avoir le droit de postuler à un recrutement. Je comprends aussi que les autres métiers libéraux demandent des expériences (si ce n’est des diplômes, et les postulants sont soumis à des testes pour garantir l’expérience du cv).

Comment garantir une représentation du peuple, si ceux qui sont choisis par élection ou nomination n’ont aucune garanties à donner sur leurs actions?

L’idée du permis de représenter trouve son sens lorsque je la relie à deux autres moyens de sélection de représentant (j’ai cité l’élection et la nomination plus avant dans ce texte), à savoir le tirage au sort et l’examen.

Quand j’imagine que des électeurs sont tirés au sort pour donner ou non un permis de représenter le peuple, parmi des listes électorales de la commune de résidence des élus locaux, et nationalement pour les élus nationaux, je trouve le sens que je ne trouve pas avec notre système actuel. Quand à cela, j’ajoute un contrôle des élus au début de mandat (d’une année seulement, non cumulable et non renouvelable), milieu et fin de mandant, par d’autres citoyens tirés au sort, alors je me sens rassuré sur l’indépendance du système face à des lobbies ou autres groupes d’achats de pouvoir, beaucoup plus qu’avec les garanties que les partis politiques sont censés donné avec leurs sélections internes (qui s’ajoute à deux tours de vote au système décrié par les militants de votes alternatifs, à points, liquide ou autres).

J’espère que vous saurez trouvez ces mêmes sentiments de sécurité, de garantie et de respect dans cette proposition détaillée de permis de représenter le peuple, pilier unique et primordial de la démocratie grecque dans la période la plus démocratique, s’il faut le rappeler et le découvrir à nouveau, celle de Démosthène, juste avant la période classique (comme les historiens la qualifie tout en oubliant ce pilier qu’est la docimasia).

Notez pour finir, que les romains ont basés leur système politique sur cette période classique pour créer le leur, mais aussi sur les systèmes spartiates (quid du pouvoir partagé entre deux rois, sorte de macron/lepen d’aujourd’hui peut-être), puis les français de l’époque où la france trouvait à peine ses frontières, en s’inspirant des romains, et en oubliant alors nous aussi ce pilier de permis de représenter… que dire de la période révolutionnaire de 1789, y’avait-il une âme que se souvenait du permis de représenter le peuple au temps des grecs?

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Le problème est la définition des critères d’obtention, de quel droit un abruti « sage » ne pourrait pas mieux décider qu’un « érudit » salopard… ?

Je vote contre ! Tant pis, tu tires au sort aussi des crétins, qui sait si le hasard ne fera finalement pas mieux les choses !

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Mais bon, pourquoi tirer au sort d’abord ?

Je préfère tirer au sort que de faire de l’élitisme, mais dans une vraie démocratie, à l’ère numérique, tout le monde peut décider…

Et si, être un politique devenait un métiers, celui d’avoir la fonction de représenter et faire appliquer les décisions prises par le peuple, un job, salarié, et promotion au mérite ! Ah oui, le job serait attribué par votation du peuple concerné (la commune, la région…) Mais on aurait effectivement des critères de compétences, des mérites de performances à mettre en oeuvre les demandes du peuple !! Mesurables… Des supers chefs de projets quoi !

> Ben quoi, faire élire une personne pour diriger, c’est comme maintenant ?

Et bien non, élire un candidat qui sera salarié, et que nous estimerons le plus performant pour exécuter les desiderata du peuple, implique un léger détail: Nous votons pour les capacités et les performances, le CV d’une personne, pas le poulain d’un parti !

Dans cette vision les partis délèguent des beaux parleurs pour convaincre le peuple, dans toutes les communes, si ils le peuvent… Mais ceux qui sont placés à la tête des gouvernements deviennent des champions du participatif, du LEAN management, des coachs en projets de transformations. Mais ils ne devraient pas être ni des entrepreneurs (patrons d’entreprises commerciales), ni des octroyeurs de privilèges. Si certains d’entre eux devenaient trop politisé par un parti, alors, nous l’écarterions de nos choix (de vote), par manque de neutralité ! On a besoin d’avancer, de progresser, pour le bien de tous, et des générations suivantes, pas de spéculer, et encore moins de « discutailler »…

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@pkotte
Quand tu utilises le mot valise abruti sage ou érudit salopard, j’ai l’impression de lire du Lewis Carroll. Bien qu’il fut un mathématicien à ces heures perdues, je ne trouve pas beaucoup de sens à ces qualificatifs plein de morale que tu utilises, et j’ai besoin de sens, pas de blagues (Charlie Hebdo me suffit).

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Je ne comprends pas : ça veut dire quoi neutre pour vous? ça veut dire quoi chef de projet? Mener un pays c’est un projet? Vous croyez vraiment que ces représentants (qui deviennent une élite) vont écouter tout le peuple?
Enfin c’est pas vraiment ici le sujet puisque le sujet est le permis de représenter le peuple, constituer d’un tirage au sort et d’un contrôle. Si vous voulez présenter votre idée, vous pouvez créer un nouveau sujet avec les réponses à mes questions :slight_smile: !

Sinon @tony , l’idée d’examen semble plutôt bonne. Pour ce qui concerne les jurés d’assises , il y a aussi un certain nombre de critères.

Notamment, savoir lire et écrire.
Mais comment imagines-tu l’examen plus en détail?
Pour ma part, je ne pense pas qu’il doit être trop compliqué, juste assez pour que la personne comprenne vraiment un texte, sache réfléchir.

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Cet examen, je l’imagine publique et facile d’accès à n’importe qui, gratuitement, au-delà des listes électorales. Pourquoi pas filmé et diffusé en live sur youtube avec un ordinateur en diffusion continue dans chaque mairie de france, par exemple.

Je l’imagine avec un facilitateur de débats, expérimenté en Communication Non Violente, pour que les questions posées soient les plus respectueuses des sentiments et des besoins de chacun, des jurés comme des postulants aux postes de représentants (qu’ils soient élus ou tirés au sort, à ce stade démocratique).

la teneur des questions, c’est aux jurés de prendre leur responsabilité en main !

merci de rappeler l’existence des jurés d’assises. Une année, j’avais été tiré au sort mais n’avait pas été finalement retenu… à regret.

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Je veux bien tenter une réponse:

C’est un concept qui existe pour les atomes. Chez l’homme, c’est quand tu n’es ni pour la loi travail, ni pour les personnes qui s’en défendent par la violence (physique ou verbale, ou les deux).

Faut voir la règle du jeu qui relie le chef au groupe dont il est le représentant, c’est-à-dire quel pouvoir a ce chef, s’il y a un contre-pouvoir ou pas du tout pour le reste du groupe.

oui, du point du vue du groupe de personnes qui est le destinataire des bénéfices et intérêts du projet, c’est un projet, ou si le projet sert le peuple entier (genre la laïcité pour les citoyens français).

Pourquoi douter qu’il ne le fassent pas si une bonne grosse majorité du peuple se met d’accord sur des lois qu’il a initié seul, sans ce parlement de représentant élus?

Bonjour @tony,
Je reviens sur ce sujet car dans mes lectures sur la démocratie athénienne, justement il y avait une épreuve pour les gens qui était tiré au sort pour supporter les charges de la cité:
C’est le Dokimasie: Dokimasie — Wikipédia
Et voici l’extrait de "Principe du gouvernement représentatif (Bernard Manin):
« On examinait dans cette épreuve s’ils présentaient les qualifications légales pour devenir magistrats, on vérifiait qu’ils se conduisaient bien envers leurs parents et s’étaient acquittés de leurs obligations fiscales et militaires. L’épreuve comportait aussi une certaine dimension politique : un individu connu pour ses sympathies oligarchiques pouvait être rejeté. Mais la dokimasia ne visait nullement à éliminer les incompétents et ne constituait le plus souvent qu’une simple formalité ».

un livre à lire, relire, rerelire… avant de s’énerver en écoutant l’actualité « politique ».
merci pour cet extrait.

que c’est rassurant de lire qu’une fois dans l’histoire de l’humanité, ces hommes ont pu ressentir cette sécurité.

Intéressant. Selon Wikipédia aussi, les épreuves étaient effectuées par les thesmothètes:

« Les thesmothètes (θεσμοθέται) sont des magistrats de la démocratie athénienne. Ils font partie du groupe des archontes. Au nombre de 6, ils sont les gardiens de la législation. C’est à eux que revient le pouvoir d’apporter les changements dans la juridiction. »

Je me demande quelle était leur liberté de décision à l’époque: Strictement en tant que magistrats, ils ne devraient pouvoir exclure quelqu’un qu’en conformité avec un texte de loi, ce qui implique dans l’exemple d’un « individu connu pour ses sympathies oligarchiques » qu’un texte permet d’exclure à cause d’une sympathie; ou alors ils disposaient d’une liberté de jugement plus morale, ce qui risque d’exclure des individus qui ont des idées qui ne correspondent pas à l’élite qui influence forcément les 6 magistrats.

Dans une version actuelle d’un tel examen, comment cela se passe-t-il ?

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Je vous mets la définition de Claude Mossé pour le Dokimasie:
DOKIMASIE
C’est l’examen que passait tout magistrat athénien avant son entrée en charge. Pour la plupart des magistrats, cet examen se déroulait devant le conseil ou devant le tribunal. Pour les bouleutes, c’est la boulè sortant de charge qui les examinait. Par là, la cité voulait s’assurer que les magistrats désignés n’étaient pas frappés d’indignité. Il ne s’agissait pas en effet de contrôler leurs capacités, mais plutôt de vérifier qu’ils étaient bien citoyens, et aussi de ce qu’on pourrait appeler un examen de moralité.

Aristote, dans la Constitution d’Athènes donne des indications précieuses sur l’examen auquel étaient soumis les archontes : « Dans l’examen, on pose d’abord cette question : « Quel est ton père et de quel dème ? Quel est le père de ton père ? Quelle est ta mère ? Quel est le père de ta mère et de quel dème ? » On lui demande après cela s’il participe à un culte d’Apollon Patroos et de Zeus Herkeios et où sont ces sanctuaires ; puis s’il possède un tombeau de famille et où il est ; ensuite s’il se comporte bien envers ses parents ; s’il paie ses contributions ; s’il a fait des campagnes militaires.
Après avoir posé ces questions, le président poursuit :
« Produis tes témoins à l’appui ». Quand les témoins ont été produits, le président demande : « Y a-t-il quelqu’un qui veuille accuser cet homme ? » S’il se présente un accusateur, le président donne la parole à l’accusation et à la défense, et ensuite fait procéder à un vote, à main levée dans le conseil, au scrutin dans le tribunal. S’il ne se présente aucun accusateur, il fait aussitôt voter. » (Constitution d’Athènes, LV, 3-4). Par ce moyen, la cité corrigeait ce que le tirage au sort de la plupart des charges publiques pouvait comporter d’incertain. Il n’est pas douteux que la dokimasie, si elle a pu parfois donner lieu à des règlements de comptes, n’en a pas moins contribué au bon fonctionnement de la démocratie pendant près de deux siècles.

J’imagine que le suspicions pour oligarque venait au moment des accusations, donc pas des thesmothètes eux-même.

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Ce que je trouve le plus important à souligner dans cette institution selon la valeur d’égalité, c’est que personne ne pouvait s’y soustraire pour participer à la politique.

merci pour ces références

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une fois, j’ai trouvé une personne qui rappelait l’existence de ce permis de représenter :
Pierre Rosanvallon

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