Démocratie Liquide

J’ai créé un débat sur le vote électronique pour ceux qui veulent continuer à débattre sur ce sujet (car c’est vrai qu’on s’éloigne un peu du sujet de base, à savoir la démocratie liquide).

En tout cas, vidéo très intéressante @avatarsblanc, qui ne me rassure pas vraiment mais qui reste intéressante ! Et je comprends mieux ton soucis de confiance.

C’est vrai que ton point de vue de base @r.William est totalement pertinent. En lisant les documents sur la démocratie liquide, j’avais tout de suite imaginé un système où il y aurait des votes tous les jours. Mais évidemment, ce n’est pas envisageable car bien trop chronophage. Du coup ton alternative de s’exprimer 1 à 2 fois par an sur une liste de sujets divers est très intéressante, et beaucoup plus réaliste.

@Aphirah
En plus j’imagine que poser de grandes questions aux citoyens tous les 6/9 mois permettraient de relancer les débats dans les médias puisqu’il s’agirait d’apporter à la population les « avantages & inconvénients » des problèmes soulevés.

On orienterait l’espace médiatique sur l’économie, l’écologie, la culture, l’éducation, la santé etc… directement, plutôt qu’un bourdonnement politique constant.

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Pour en revenir à la démocratie liquide, le principal problème que je vois n’est pas tant d’ordre informatique (je me suis exprimée dans le sujet idoine) que cette mise en place nécessite, mais une véritable éducation à la démocratie.

Aujourd’hui, tout le monde a pris l’habitude de déléguer. D’ailleurs, l’élection présidentielle en est une preuve flagrante !
Pour que ce système marche, il faut que tout le monde puisse avoir les moyens aussi « psychiques » de se porter volontaire, histoire que ce ne soit pas toujours les mêmes qui représentent les autres.

Du coup, ça nécessite aussi quelque chose de cet ordre à l’école, et le fait de favoriser la prise de responsabilité.

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Je pense que le système actuel ne pousse pas à s’intéresser à la politique.
Je crois que si la démocratie liquide était mise en place maintenant, elle pousserais un peux plus les gens à s’intéresser à la politique.

Il faut tout de même faire de la sensibilisation à l’école (même sans démocratie liquide).

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Merci !

Je dis ça aussi parce qu’on sait maintenant en s’appuyant sur des études très sérieuses que pour différentes raisons, c’est plus difficile pour des femmes d’endosser ce genre de responsabilité (éducation sexiste, quand tu nous tiens !), et qu’il faut donc que chacun, et chacune puisse se sentir concerné.

Je pense aussi à certaines catégories de personnes (notamment les personnes qui vivent ghettohisées dans les banlieue par exemple, ou encore les personnes qui vivent dans la campagne profonde) qui peuvent penser que leur avis ne compte pas / plus, et qui devront « reconnecter » avec tout ça, pour justement parvenir à se porter délégués, et donc à prendre part à tous ces débats et ces votes.

Je suis d’accord avec vous sur l’éducation à la démocratie, qu’il faut développer en général mais je ne vois pas en quoi ce serait le principal problème que vous mettez en avant.

Pour moi je vois une différence entre « Responsabiliser les citoyens » et « Donner envie de devenir délégué ».

Je pense que devenir délégué n’est pas une fin en soi, mais prendre conscience de la responsabilité nouvelle qu’on a, est pour moi l’objectif : est ce que je conserve mon vote ? En qui je peux donner ma confiance ? Est ce que je suis capable d’être un délégué ?

La critique que tu fais est vraie pour une démocratie directe, mais c’est justement là la force de la démocratie liquide : tu peux continuer à déléguer ta voix à des militants / politiques ou à des amis, des intellectuels si tu ne souhaite pas prendre part directement aux décisions.

Tu peux aussi choisir de déléguer en fonction de la thématique : donner ta voix à X pour les questions d’agriculture, à Y pour les questions internationales et voter directement pour les questions relatives à la politique intérieure par exemple.

Effectivement l’éducation reste comme toujours nécessaire, mais la démocratie liquide ne nécessite pas obligatoirement plus d’éducation que la démocratie représentative.

En gros il faut se mettre à gérer les délégations suivant les sujets. Rien qu’en Suisse sur une période de quelques années il y a des dizaines d’initiatives et des dizaines de référendums :
https://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis_2_2_5_1.html?lang=fr
https://www.admin.ch/ch/f/pore/rf/ref_2_2_3_1.html
Et c’est sans compter tous les travaux en cours au parlement ! De plus une délégation peut changer d’avis à tout moment, il faut donc être très vigilent. Vu comme cela, la démocratie liquide devient rapidement une usine à gaz des plus complexes, ou alors il faut se contenter d’un nombre très réduit de représentation, ce qui casse toute son argumentation. C’est encore plus simple de ne rien déléguer et de voter directement: il n’y a du coup rien à gérer, et ça correspond à une démocratie directe.

La démocratie direct est simple à utiliser et donne du pouvoir au peuple: des millions de Suisses toutes générations et origines confondues (y compris des personnes naturalisées) l’utilisent très régulièrement depuis plus d’un siècle. Voter ce n’est jamais que répondre à une question.

En comparaison, je recherche encore un avantage pour la démocratie liquide. Je saisi que c’est un moyen qui permet une graduation entre une démocratie représentative et une démocratie directe, mais je n’arrive pas à m’écarter de ma conclusion que dans les cas simples c’est soit une démocratie représentative donc inutile, soit une démocratie direct, et que les autres cas entre deux deviennent rapidement très compliqués à gérer.

Dans une démocratie directe, si vous faite confiance à un groupe de travail ou à un parti sur un sujet précis, vous n’avez qu’à voter selon leur recommandation sur ce sujet. C’est vraiment super simple et ça doit bien prendre dans les 10 secondes puisque les recommandations des partis et opposants font partie du matériel de vote que chacun reçois chez soi.

Oui si on parle d’institutions physiques, pas nécessairement si on parle d’une plateforme numérique (sans laquelle la démocratie liquide ne peut pas exister). C’est l’idée sur laquelle sont partis http://democracy.earth et à l’utilisation ça se révèle plutôt simple.

Ton exemple de la Suisse est véridique mais gardons en tête que c’est limité, leur système est aujourd’hui incapable de gérer l’ensemble du pays. Ils peuvent seulement proposer et voter ponctuellement avec Oui ou Non sur quelques questions bien définies.

Comme tu le dis, le nombre de sujets sur lesquels voter est déjà énorme, bien se renseigner demande du temps. Ajoute à ça les sujets traités au parlement et ça devient un bordel incroyable - ta boite au lettres va vite être pleine !

Tu ne peux pas attendre de tous les citoyens d’être au point sur l’énergie, la politique internationale, le droit pénal, l’économie, le numérique, la fiscalité des entreprises, les normes environnementales, les quotas migratoires, l’éducation… surtout dans un monde évoluant aussi vite qu’aujourd’hui !

La démocratie liquide permet de faire le lien entre les deux, en te permettant tout ce que permet la démocratie directe avec en plus la possibilité de déléguer ta voix.

Tu dis juste en avançant que tu peux aussi faire ça par toi même en te fiant aux recommandations de groupes / partis que tu reçois chez toi. Mais :

  • Impossible de mettre ça à l’échelle pour voter l’ensemble des décisions, bien trop nombreuses. Ou alors l’ensemble des citoyens deviennent des parlementaires à plein temps.

  • Un tract résumant le pour / contre est-il vraiment suffisant pour te donner un contexte et une compréhension suffisante ?

Exemple concret :

Je m’intéresse beaucoup au numérique et je me tiens au courant de l’actualité là dessus. Je veux donc pouvoir m’exprimer directement sur ses sujets qui me touchent.

Par contre sur la thématique de l’énergie je suis loin d’être un expert et pour être honnête, je n’ai pas vraiment l’envie de me plonger corps et âme dans les détails techniques. Je sais par contre que je me retrouve pas mal dans les propos de Yannick Jadot, qui de par son passé possède une expertise que je n’ai pas.

En démocratie liquide je peux choisir de lui dédier ma voix sur ce point précis, tout en ayant la capacité de révoquer ma délégation s’il venait à me décevoir.

La présentation de http://democracy.earth est d’une naïveté abyssale avec des slogans vides de sens. La seule argumentation qui y est faite contre la démocratie (semi-)directe est que tout le monde vote sur tout. Mais curieusement pas un mot sur la démocratie semi-directe utilisée en Suisse, qui est de fait en partie représentative pour le parlement et en partie directe pour les questions importantes, les référendums (annuler une décision), et les initiatives. Pour tout cela, il n’y a absolument pas besoin de l’informatique, comme le prouve superbement les Landsgemeinde: Landsgemeinde — Wikipédia Il faut comprendre ici combien une démocratie semi-directe est efficace puisqu’elle est totalement indépendante de l’infrastructure utilisée pour la mette en oeuvre, L’exigence d’une plateforme numérique est en comparaison un défaut très critique.

Qui donc prétend que la Suisse n’est plus gérable ? Du point de vue des Suisses, c’est UE qui est ingérable: Suisse-UE: Deux tiers des Suisses ne font pas confiance à l'UE - 20 minutes Les Suisses votent sur tout les sujets obligatoires et en gros sur tout les sujets qui inquiètent valablement 50’000 personnes pour les référendums et 100’000 personnes pour les initiatives. Pour le reste le peuples fait confiance aux parlementaires qu’il a directement élu pour qu’ils fassent leur boulot, sachant que le peuple a un contrôle sur les résultats et les élections suivantes. Les seules limites sur les sujets sont définit pas les règles de validités des initiatives. Si vous en parcourez la liste, cous pourrez constater que c’est plutôt large. Du reste certain sujets n’ont pas manquer d’attirer l’attention des médias étranger.
Liste des initiatives populaires fédérales en Suisse — Wikipédia

Non, ma boîte aux lettres est loin d’être pleine à cause des votations :slight_smile: Le circuit normale est celui du parlement qui est élu pour faire son boulot. Il y a une dizaines de votes fédéraux par années, regroupés sur 3 ou 4 dates par années avec les sujets cantonaux et communaux. C’est tout à fait gérable, la pratique le démontre.

Exacte, c’est bien pour cela qu’un parlement est élu pour faire la grande partie du boulot législatif. Pour les passionnés d’un sujet qui ne sont pas au parlement, il y a les pétitions, et la possibilité de faire partie d’un groupe de travail demandé par le parlement, car lui même n’a pas toutes les compétences sur tout les sujets et a besoin d’analyses d’experts. Et ne pas oublier que si le résultat final ne plaît pas à la majorité du peuple, ce ne sera pas adopté.

La démocratie semi-directe fait déjà le lien entre les deux: délégation pour les travaux parlementaires, direct pour garder le contrôle sur les travaux parlementaire. Ce système n’a en fait rien d’original: quand vous déléguez une tâche, vous souhaitez garder un contrôle sur les résultats.

  • Comme expliqué, la plupart des décisions sont normalement les travaux des parlementaires élus directement, pas besoins de s’impliquer partout. Toutefois toute décision est attaquable par référendum, ce qui permet un contrôle efficace.

  • A chacun de décider à quel point il souhaite s’impliquer dans chacunes des décisions. Vous souhaitez un système où un citoyen peut donner sa confiance à un groupement sur un sujet, je vous rend attentif au fait que c’est déjà le cas dans la démocratie direct car ce citoyens-là n’a qu’à voter selon la recommandation du groupe auquel il fait confiance. En pratique ce n’est jamais qu’une feuille contenant un très simple tableau avec un sujet par ligne, un parti par colonne, et leurs recommandations pour chaque sujet dans les cases. Rien de plus simple. Quelqu’un qui délègue sa confiance ne va de toute façon pas lire un tract.

En démocratie directe vous votez selon votre expertise personnelle si vous le souhaitez sur un sujet, et vous votez selon la recommandation de la personne ou du groupement à qui vous faites confiance sur un autre sujet. C’est vraiment très simple.

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C’est un site vitrine, pas un argumentaire :wink: Aucun point n’est avancé contre la démocratie directe, je te l’avais linké pour que tu vois que les mécanismes dont on a parlé n’impliquent pas nécessairement de la complexité pour le citoyen. Si tu veux vraiment connaître leur analyse du sujet tu peux te tourner vers les confs et écrits de Santiago Siri, l’initiateur du projet.

Absolument et c’est pour ça que la démocratie liquide (à la différence de la démocratie (semi-)directe) n’est pour l’instant pas applicable à l’échelle d’un pays. democraty.earth a vocation à être mis en place dans des organisations de plus petite taille pour tester les avantages et les limites du système.

Ok là j’ai mal choisit mes mots et il y a quiproquo :

  1. « Ajoute à ça les sujets traités au parlement » = Si le peuple devait également voter sur les sujets du parlement
  2. J’aurais du dire administrable, et non pas gérable

Qu’on se comprenne bien : je trouve le système Suisse extrêmement intéressant et c’est clairement un modèle à suivre pour l’ensemble des démocraties représentatives dans le monde. Mon point n’est pas que ce système est mauvais, mais qu’il doit obligatoirement s’accompagner d’une dose de représentativité sans laquelle personne n’aurais le temps de voter sur tous les sujets.
Quel est le problème là dessus ? Sur des sujets techniques et qui n’intéressent pas la majorité des citoyens, tu peux te retrouver avec des décisions du parlement que tu ne pourras pas contester faute de gens pour rejoindre ta pétition. Puis les autres problèmes qui se posent à chaque fois qu’on parle de représentativité, entre autres: confits d’intérêts, suivi aveugle du vote du parti et éventuellement corruption.

Sur leurs fonctionnements le système Suisse et la démocratie liquide sont très similaires en cela qu’ils mélangent démocratie directe et délégation. Le vrai avantage de la démocratie liquide puisque c’est la question de laquelle nous sommes partis c’est de fluidifier cette partie en te permettant de prendre part directement à l’administratif, et de révoquer ou faire évoluer tes délégations en quelques clics.
Ce n’est pas l’argument de plus de démocratie : tu l’as bien démontré, il y a un réel contre-pouvoir via le système Suisse.

Ses désavantages tu les as eux détaillés, principalement : plateforme numérique obligatoire qui rend le concept difficile à mettre en place pour le moment et possible complexité à comprendre le fonctionnement par les citoyens.

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J’ai bien lu ce qui a été posté après mais je reste « choquée » par cette réponse : au bout d’un moment, il faut aussi que le citoyen puisse reprendre la main et ne pas seulement déléguer !

Justement, pour qu’une démocratie fonctionne, il faut qu’à un moment donné, chacun puisse l’exercer de la même façon que les autres l’exercent. Aujourd’hui, on « exerce » le peu de pouvoir qu’on a en fonction de l’endroit d’où l’on vient et de l’éducation qu’on l’a reçu.
Je voudrais pas faire ma sucrée, mais pour l’instant ici, je n’ai pas croisé beaucoup de gens qui sont nés et ont été élevé dans ce qu’on appelle communément les « banlieues ». C’est mon cas, et si j’ai la chance d’être là aujourd’hui et d’avoir un diplôme qui me permet de bosser, ce n’est pas le cas de beaucoup de gens avec qui j’ai grandi.
J’insiste là dessus parce que ce sont des gens qui pour des raisons d’évidence n’ont plus envie de pratiquer la démocratie, et qui ont envie de décider, mais qui dans le contexte actuel n’ont qu’envie seulement de déléguer ou même de ne plus s’intéresser du tout à ça…

La démocratie liquide ou tout autre système n’a pour moi d’intérêt que si on peut réellement faire participer tout le monde de la façon la plus égalitaire possible, et là, dire « mais t’as qu’à déléguer » ne revient finalement qu’à faire ce qu’on fait aujourd’hui.

C’est pour ça que prendre des responsabilités revient pour moi à éviter justement la « dilution de responsabilité » et la « dilution ds savoir » pour justement exercer sa citoyenneté. dans un tel système, les deux sont nécessaires pour tout citoyen en pleine possession de ses moyens.

Sinon, c’est un système élitiste, et donc… je ne sais plus si j’y vois vraiment une démocratie.

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Je souhaite analyser cette notion de fluidité sous l’aspect des conséquences qu’elle a pour l’anonymat. L’anonymat est une caractéristique essentielle d’un vote. Je ne connais pas la situation en France, mais en Suisse un parlementaire a été remis à l’ordre après avoir partagé en quasi-direct sa décision de vote sur un réseau social: il y a donc même une notion de confidentialité, mais restons-en pour l’instant à l’anonymat.

Un vote doit rester anonyme pour que le citoyen ne subisse pas de pression directe sous la forme d’un contrôle de son vote. (Il y a des moyens plus tordus pour faire pression, mais le but est là d’éviter le plus directe et dangereux.). Si tous les citoyens votent directement de la même façon anonyme, ils ont tous le même pouvoir et encore plus important, ils ont tous la même liberté de leur pouvoir. Rien que le fait de laisser le choix de déléguer son vote à la place de voter directement remet en question cette notion d’égalité dans la liberté du vote. C’est le message de @Sophie_R qui m’a éveillé ce point et je la remercie au passage.

Comment la délégation dans une démocratie liquide peut être anonyme, en particulier du point de vue des délégués ou des administrateurs des base de données ? Je pense que cette question est importante car si la délégation n’est pas anonyme, elle peut faire l’objet de pression sur le citoyen. Par exemple, un déléguer pourrait faire pression pour qu’un citoyen lui délègue son vote plutôt que de voter directement, ce qui revient à lui prendre le contrôle de sa décision. En pouvant savoir si un citoyen en particulier lui a déléguer un vote ou non, le déléguer a un moyen de pression.

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Je vois vraiment pas les choses comme ça, pour moi tu dégèles les thématiques qui t’intéressent moins mais ça ne t’empêche pas de participer directement. Tu peux même ne rien déléguer du tout si tu veux prendre part à toutes les décisions.

C’est quand même très loin de ce qu’on fait aujourd’hui : en démocratie liquide tu peux voter directement et rien ne t’obliges à prendre de représentant, c’est juste un outil en plus.

Absolument, l’anonymat du vote est obligatoire.

Puisqu’on parle bien de plateforme numérique avec la démocratie liquide, la solution la plus pertinente à l’heure actuelle reste la blockchain qui est en mesure de garantir l’anonymat du vote. Si tu retournes voir democraty.earth c’est là que réside le cœur du projet. Avec ça tu sais à qui tu envois ton vote, mais la personne ne sais pas de qui il vient.

Et du coup pas d’administrateur de base de donnée puisque c’est décentralisé.

Je comprend le principe technique lors d’un vote et je ne vois aucun avantage par rapport à une votation directe par chaque citoyen. J’imagine un citoyen devant son écran qui fait pleine confiance à une entité qui recommande de voter d’une certaine façon

  • Dans la démocratie liquide, le citoyen va donner son vote à cette entité, qui va in fine voter à sa place.
  • Dans la démocratie directe, le citoyen va voter selon la recommandation de cet entité.
    Du point de vue opérationnel pour le citoyen utilisateur, je ne vois aucune méthode comme étant plus simple que l’autre. On peut même imaginer une interface qui permet « d’importer » la recommandation d’une entité dans la sélection de son vote personnel, ce qui techniquement est un votre direct mais avec une interface presque identique à un vote liquide. Mon point ici est de démonter que le vote en démocratie liquide n’apporte rien de très intéressant au citoyen utilisateur d’une plateforme de vote.

Je pense que le problème est plus complexe dans le cas de la délégation que permet la démocratie liquide. Car la délégation n’est pas lié qu’à un vote mais aussi à une sorte de mandat de négociation si j’ai bien compris.

L’intérêt apparait sur un grand nombre de sujets.

Une démocratie directe dans laquelle tu dois voter sur 15 sujets tous les jours faut tenir le rythme, et pas question de prendre des vacances x) En délégant ta voix pour les thématiques sur lesquelles tu n’as pas l’intention de participer directement, tu n’as plus qu’à voter sur les 3 sujets par jours qui t’intéressent.

La représentativité, ça fait gagner du temps.

Oui. Je sais pas exactement ce qui a été définit par les premiers qui ont suggérés ce système, mais dans ma conception du truc et ce que j’ai pu voir des différentes implémentations, tu délègues par thématique.
Si on prend comme référence un état, chacune des catégories pourrait correspondre à un ministère (économie, écologie, numérique…etc)

Edit: Un graphique qui montre bien ça dans ce qui est à ma connaissance un des premiers papiers sur le sujet

La problématique du grand nombre de sujet est résolu dans la démocratie directe en déléguant un parlement ,élu directement et proportionnellement représentatif des orientations politiques de la population, qui fait l’essentiel du travail de négociation et d’adoption, ce qui n’empêche pas les citoyens d’agir directement en cas de mécontentement d’un résultat en utilisant le référendum facultatif ou l’initiative. C’est pour cela que l’on parle généralement de démocratie semi-directe, car effectivement la démocratie directe pure est quasi impossible à mettre en oeuvre avec une grande population. En Suisse par exemple, les citoyens votes à 3 ou 4 dates par années sur une dizaine de sujets pas année en moyenne, c’est tout à fait raisonnable. Donc oui, la représentativité fait gagner du temps, mais la démocratie semi-directe offre aussi cet avantage, pas seulement la démocratie liquide.

Je reste inquiet concernant l’anonymat de la délégation de mandats de négociation, en particulier du fait que dans le modèle proposé les sujets seraient nombreux. Le problème est particulièrement ardu pour le cas unitaire: un délégué avec une seule délégation qui l’obtient par la pression, sans avoir de preuve factuelle, dispose ainsi d’un puissant outil de pression psychologique. Bien que le problème diminue avec le nombre de délégation, le problème persiste sous une autre forme: Une pression peut être faite sur une communauté si un certain nombre de délégations n’est pas atteint. La communauté pourrait ne pas avoir à déléguer toutes ses voix si d’autres voix viennent de l’extérieur de la communauté (ce qui est invérifiable), mais pourrait être obligé de le faire si aucune voix externes n’arrivent. Comment la démocratie liquide propose d’éviter les problèmes de ce type ?

Autre problème: les sujets qui se recoupent. Une votation ou une négociation peut avoir des répercussions sur de nombreux sujets, parfois en contradiction. SI ma voix ou ma délégation est multipliées par le nombre de sujets, comment éviter que ma voix soit multipliée, ou comment sera choisi celle qui va compter pour le mandat de négociation ou la votation ?

Bah oui comme tu dis, c’est plus une démocratie directe du coup :slight_smile: Et on a déjà évoqué ce point, je vais pas revenir là dessus. [quote=« Betree, post:32, topic:787 »]
Sur des sujets techniques et qui n’intéressent pas la majorité des citoyens, tu peux te retrouver avec des décisions du parlement que tu ne pourras pas contester faute de gens pour rejoindre ta pétition. Puis les autres problèmes qui se posent à chaque fois qu’on parle de représentativité, entre autres: confits d’intérêts, suivi aveugle du vote du parti et éventuellement corruption.
[/quote]

Un mec peut aussi venir chez toi et te forcer à mettre autre chose dans ton enveloppe que ce que tu souhaites voter, ca se règle au commisariat ça.

Hypothèse probable, j’ai pas de réponse mis à part que ça demande à être testé.
Là où c’est un vrai danger c’est pour les petites communautés (< 500 personnes) sur lesquelles tu pourrais « facilement » déduire les votes.

Bonne question :stuck_out_tongue:

Certaines démocraties permettent à des minorités d’agir, de se faire entendre, de négocier, mais la décision d’adoption est dans le cas d’une démocratie (semi-)directe prise par tout les citoyens. En plaçant un seuil acceptable pour un référendum facultatif ou une initiative, il est possible d’avoir quelques sujets à traiter en trop (car sans espoir, mais ce n’est pas grave car cela crée au moins un débat sur ces sujets), sans risquer d’être submergé par quelques individus peu convaincants. Si ils n’arrivent pas à réunir assez de signatures, ils n’arriveront de toute façon pas à avoir le résultat d’une votation dans leur sens. A noter qu’il existe quelques cas de référendum et d’initiatives qui ont aboutis et on été acceptée par une votation populaire. Un bon exemple:

Donc c’est à mon avis normale en démocratie de ne pas pouvoir contester une décision du parlement si tu n’arrives pas à faire signer ta contestation par un minium de personnes.

A noter qu’en Suisse la limite pour adresser une pétition est vraiment basse :slight_smile: : https://www.bk.admin.ch/themen/pore/pet/?lang=fr Pour la petite histoire, j’ai expérimenté moi-même la pétition fédéral sans vraiment m’en rendre compte lorsque j’ai laissé un message sur un portail web de la confédération pour pousser un coup de gueule contres les convois militaires qui passent à côté de chez moi le weekend à des heures un peu limite. J’ai reçus une réponse officielle de la confédération, signée du conseiller fédéral en charge de la défense, avec les détails du pourquoi, et le fait que la raison de ces convois n’existerons plus d’ici la fin 2017. Je vous laisse imaginer ma surprise quand j’ai reçus cette lettre… Je constaterai bien dans quelques mois si ça se passe comme prévu.

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Ca c’est pas mal :smile:

Pas d’accord, c’est pas parce qu’un sujet n’intéresse pas la majorité qu’il ne mérite pas d’être débattu démocratiquement.

Une taxe injuste qui serait mise en place sur un médicament permettant de calmer la douleur d’une maladie qui ne touche qu’une trentaines de personnes dans le pays devrait dans l’idéal pouvoir être contestée et votée, même si la majorité des citoyens n’en ont rien à faire.